lundi 8 février 2010

Il y a Jeux...et jeux

Dans quelques jours s’ouvriront les Jeux olympiques à Vancouver. C’est là un événement marquant pour un pays, pour les athlètes et pour la population mondiale. Benoît XVI y voit une occasion de construire « un bloc de paix et d’amitié entre les peuples et entre les nations».

Beaucoup de ressources humaines, financières et matérielles sont mises en œuvre pour conduire à une belle réussite. Des milliers d’artistes participeront aux cérémonies, des milliers de bénévoles seront mobilisés pour assurer la bonne marche des compétitions, des milliers d’agents seront engagés pour garder le bon ordre, des milliers de citoyens partageront leur ville magnifique, même leurs habitations personnelles. C’est là une entreprise monumentale.

La tenue des Jeux olympiques perpétue un grand rêve qu’ont les personnes de se rencontrer au-delà de leurs frontières habituelles, de se surpasser, de pousser toujours plus loin leurs limites, d’entrer en compétition tout en gardant la bonne entente entre elles.

Voilà la face visible des Jeux. Pour les athlètes, c’est un couronnement d’années d’efforts quotidiens. Et l’important, depuis Pierre de Coubertin, « c’est de participer! » et participer, c’est déjà une réussite.

Un tel événement comporte beaucoup d’avantages, mais aussi quelques faces cachées que l’on mentionne très peu. Ainsi, durant les travaux de préparation, des milliers de sans-abri ont été déplacés afin de donner une belle image de la ville.

Et puis il y a une réalité qui, la semaine dernière, a été mentionnée par les évêques du Canada. Dans leur lettre pastorale du 27 janvier, ils se disent inquiets « À l'occasion de certains événements sportifs d'envergure, des structures sont souvent mises en place pour satisfaire la ‘demande' de divertissements sexuels », relèvent-ils. "Cela risque d'être malheureusement le cas lors des Jeux olympiques d'hiver de Vancouver ". Cela peut aller jusqu’à la traite des personnes qui bafoue la dignité humaine.

Comme Congrégation, nous nous sommes prononcées publiquement en 2004 contre la traite des femmes et des enfants. Nous avons aussi fait campagne contre la « demande » puisque s’il n’y avait pas de demande, il n’y aurait pas de « traite ». Avant le Jeux, nous avons participé à des pétitions adressées au maire de Vancouver pour l’inciter à prévenir l’exploitation des femmes pendant les Jeux. Avons-nous été entendues? L’avenir le dira...

La traite des personnes ne sera jamais acceptable, Jeux ou pas... Ne baissons pas les bras, des femmes exploitées comptent sur nous, elles sont nos soeurs en humanité.

Soeur Monique Thériault s.n.j.m.